Les risques psychosociaux : Comment les prévenir ?

Les risques psychosociaux sont de plus en plus présents dans le monde de l’entreprise, mais aussi de l’administration. Si nous avons commencé à en entendre parler en 2009 avec les suicides à France Télécom, ce phénomène n’est pas nouveau.
Peut-être avez-vous été confronté en tant que manager aux RPS. Probablement, avez-vous été confronté à titre personnel. Quel que soit le cas, et même si ces notions n’ont jamais traversé votre route, il est important de les connaitre. Et il est surtout important de tout mettre en œuvre pour les prévenir.

Dans cet article, il me semble pertinent de bien définir ces notions pour que l’on sache de quoi on parle. Dans un second temps, je vous présenterai des techniques pour gérer au mieux ces RPS.

Les différents risques psychosociaux

Lorsque l’on parle de risques psychosociaux, c’est souvent le stress qui vient à l’esprit. Mais, ce n’est pas la seule notion dont il faut parler. Nous devons aussi parler des violences internes et des violences externes.

Il est important de préciser que les RPS sont le plus souvent imbriqués entre eux. Leurs origines sont fréquemment dues à une surcharge ou sous charge de travail. Ils sont dus aussi à un manque de clarté dans l’organisation du travail ou dans les objectifs. Mais le mode de management est aussi source de risques psychosociaux. Il est donc important de posséder les 7 qualités d’un bon manager.

Les risques psychosociaux doivent être pris en compte comme les autres classiques physiques qui viennent plus facilement à l’esprit : risque de chute, risque de brulure, risque lié à la conduite de véhicule…

Le stress au travail

Dans le langage courant, le stress est fréquemment assimilé à de la nervosité. En fait, il s’agit d’un déséquilibre entre les contraintes que la personne ressent et les moyens qu’elle estime mis à sa disposition. La personne qui vit une situation de stress a le sentiment qu’elle ne parviendra pas à réaliser les missions qui lui sont demandées avec les moyens techniques ou humains dont elle dispose.

Une femme stressée au travail qui ne sait plus quelle direction prendre.
Femme stressée

Les violences externes

Nous sommes ici en présence d’insultes, menaces, agressions ou incivilités qui proviennent de la clientèle, des administrés par exemple. Ces violences ont pour conséquence d’installer un mauvais climat dans le travail.
Les personnes qui sont victimes de telles violences viennent travailler la “boule au ventre”. Le sentiment sera d’autant plus difficile à vivre si la victime a le sentiment de ne pas être soutenu ou pas assez soutenu par sa hiérarchie.

Les services publics sont particulièrement touchés par ces violences internes. Il n’est pas rare dans les hôpitaux notamment de voir des affichettes demandant à ce que le personnel soit respecté.

Les violences internes

Nous sommes ici en présence de harcèlement moral ou sexuel. Il s’agit aussi de conflits internes entre membres de l’équipe ou avec la hiérarchie.

Ce genre de situation est malheureusement très fréquent dans le monde de l’entreprise, mais aussi de l’administration.

Il ne faut pas perdre de vue, qu’une femme sur trois a été victime d’une situation de propos sexiste ou d’agression sexuelle.

Révolter d'une femme contre le harcèlement sexuel : # METOO
Harcèlement sexuel

Les conséquences des risques psychosociaux

Les conséquences pour la santé sont très importantes. En effet, les risques psychosociaux peuvent aboutir à :

  • des maladies cardiovasculaires
  • des troubles musculosquelettiques et la fameuse expression “j’en ai plein le dos”
  • de la dépression et des situations d’anxiété
  • de l’épuisement professionnel ou burnout dont nous avons déjà parlé dans cet article
  • des suicides

La prévention primaire pour éviter les risques psychosociaux

Pour limiter les RPS et améliorer la qualité de vie au travail (QVT), il convient d’agir sur les facteurs de risque. Ce n’est qu’en mettant en place des choses simples qu’il deviendra possible de limiter au maximum les risque psychosociaux.

L’intensité et le temps de travail

Ce premier facteur de risque est lié aux notions d’exigence au travail et d’efforts à réaliser pour réussir. Dans ce cadre, on parle de contraintes liées au rythme de travail. On fait aussi référence à la mise en place d’objectifs qui ne semblent pas réalisables dans les délais impartis.

Un autre facteur de risque lié au temps de travail est développé par des journées de travail trop longues. Il peut aussi s’agir des horaires atypiques.

En ce qui concerne les journées de travail trop longues, il est nécessaire de s’inspirer des théories scandinaves qui préfèrent le “mieux travailler” au “travailler plus”. En effet, il ne faut pas céder à la tyrannie du présentéisme qui impose, notamment aux cadres, de terminer le plus tard possible leurs journées de travail. Cela n’a d’ailleurs aucun sens. Toutes les études scientifiques ont montré qu’il est quasi impossible pour un être humain normal d’être efficace plus de 7 heures par jour.

Les exigences émotionnelles

Il s’agit ici pour les salariés de devoir maitriser ses émotions lors de son activité professionnelle. Nous sommes ici en présence des métiers qui sont en contact avec le public.

Nous parlons ici de professions en lien avec la souffrance physique ou psychologique pour lesquels il faut être capable de se protéger. Bien évidemment, il ne faut pas faire l’éponge. Mais au fur et à mesure des années, il peut être à craindre que travailler avec des personnes en souffrance peut être invivable.

Un homme qui craque sous la charge de travail.

Il faut donc mettre en place des accompagnements psychologiques pour les salariés ou agents de la fonction publique. Cela permettra de les aider à gérer ces situations difficiles. Cela doit d’ailleurs notamment passer par des changements de professions en milieu de carrière. La reconversion professionnelle doit être une des manières de lutter contre les risques psychosociaux.

Les exigences émotionnelles doivent vraiment être prises en considération car, tout au long de ma carrière, je peux vous dire que j’ai vu craquer et sombrer des personnes qui apparaissaient pourtant comme particulièrement solides. Il est essentiel de faire preuve de modestie dans la gestion des émotions, parce que personne n’est à l’abri.

Le manque d’autonomie

L’autonomie dans le travail consiste à être acteur de son travail. Il n’y a rien de pire que le manque d’autonomie. Ceci est encore plus préoccupant pour les cadres. En effet, si on vous désigne comme un directeur ou un responsable de service et que vous ne possédez aucune autonomie, le risque d’être confronté à un risque psychosocial est réel. La frustration et en effet quelque chose de totalement négatif dans le monde professionnel, comme dans le monde personnel d’ailleurs.

Si vous managez des équipes, vous devez leur faire confiance et leur accorder de l’autonomie. Cela n’empêche en aucun cas le contrôle. Mais, cela permet au membre de votre équipe de se sentir bien dans son travail et de donner les meilleurs résultats possibles.

Dans ce cadre, il faut accepter que dans le cadre de son autonomie, la personne ne fasse pas exactement comme son manager. Mais, ce qui compte, c’est que le travail soit bien réalisé.

Afin d’éviter les risques psychosociaux, il est important que le niveau d’autonomie soit écrit de manière expresse. Cette formalisation permet ainsi que chacun connaisse la façon dont il peut travailler. Reste que l’autonomie ne doit pas être totale, car les salariés ont besoin aussi de se sentir soutenu au quotidien par le management de proximité.

Les rapports sociaux au travail dégradés

Il s’agit ici aussi bien d’appréhender les rapports entre collègues que les relations avec la hiérarchie. On peut retrouver des notions telles que :

  • le manque d’équité
  • le manque de perspective d’évolution dans l’entreprise
  • des évaluations du travail qui manquent de précision
  • le manque d’attention qui est porté au bien-être des salariés

Il est donc nécessaire, pour limiter la propagation des risques psychosociaux, de développer des valeurs humaines en adéquation avec le management bienveillant. En effet, faire preuve d’équipé sur tous les aspects du travail doit être la norme. En tant que manager, vous pouvez être sévère et exigeant. Mais, vous devez l’être de la même manière pour tous les membres de votre équipe.
De même, vous devez être clair sur les perspectives d’évolution et sur la façon dont vous voyez la qualité du service. Être honnête et faire preuve de perspectives est essentiel. Les salariés doivent savoir quelle est leur marge de progression et ce qu’ils peuvent espérer de l’avenir.

Un manager doit de ce fait, en portant attention à ses salariés, mettre en place une politique ressources humaines qui tienne parfaitement compte du bien-être des équipes et de la qualité de vie au travail.

Photo d'une salariée en détresse devant le harcèlement de son équipe.
Salariée en détresse

Les conflits de valeurs

Les risques psychosociaux peuvent largement se multiplier lorsque l’on ne partage pas les valeurs de l’entreprise. Il s’agit ici de réaliser des missions que l’on trouve totalement inutiles ou injustes (un manager doit parfois appliquer des décisions dont il ne partage pas l’opportunité).

Le conflit de valeur peut être réel aussi lorsque l’on estime ne pas réaliser un travail de qualité ; c’est ce que l’on appelle la “qualité empêchée”. On peut avoir l’impression de mal travailler en raison d’un manque de moyen. Mais ce peut aussi être le cas en raison d’une mauvaise organisation. De nombreuses personnes souffrent de risques psychosociaux en raison de conflits de valeur. Ce peut d’ailleurs être le cas, lorsque dans une collectivité territoriale, on n’adhère pas aux actions mises en place suite à un changement politique.

Pour éviter les RPS, il est donc très important de réaliser un travail dont on est fier, dont on voudra parler à son entourage.

L’insécurité des situations de travail

L’insécurité des situations de travail est une autre source importante de risques psychosociaux. Cette insécurité se situe à deux niveaux :

  • le risque de perdre son emploi ; c’est le cas pour les personnes qui travaillent dans un secteur fragile ou pour les salariés qui ont des contrats précaires;
  • le manque de visibilité sur l’avenir de son métier

Un bon manager doit ici toujours faire preuve de transparence. Une personne qui connait la direction sera toujours plus sereine. Il vaut mieux savoir que l’on va être licencié et agir que de ne rien savoir et de se retrouver la tête dans l’eau au tout dernier moment.

En conclusion sur les risques psychosociaux

Il est évident que plus les facteurs de risques seront nombreux, et plus ils dureront dans le temps, plus la situation sera préoccupante.

Un bon manager se doit donc d’agir au quotidien pour faire régner un climat de confiance, de bienveillance et que la QVT soit réelle.

Les RPS font beaucoup trop de dégâts pour ne pas être pris au sérieux, aussi suivez les conseils ci-dessus et formez-vous au management !

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