Burn-out : Ne soyez pas complices !

Le burn-out est malheureusement un mot que l’on entend de plus en plus aujourd’hui dans le monde des entreprises. Il est aussi de plus en plus utilisé dans les administrations.

Que vous soyez manager ou managé (ou les deux), vous n’êtes malheureusement pas à l’abri d’être vecteur ou victime de burn-out. Je peux vous assurer que tout au long de ma carrière, j’ai pu voir des personnes être victimes d’un burn-out alors que l’on les pensait insensibles, solides ou détachées.

Vous devez donc faire preuve de vigilance, d’attention pour tenir ce phénomène le plus éloigné possible de vous.

Burn-out : comment le définir ?

La manière la plus simple de définir le burn-out est de prendre la définition que l’on peut trouver dans le dictionnaire : “syndrome d’épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense, générée par des sentiments d’impuissance et de désespoir.”

Pour être très concret, les personnes en burn-out ne parviennent pas à se lever un matin, alors qu’elles savent parfaitement qu’elles doivent aller travailler.

Qui peut être touché par le burn-out ?

Ne nous y trompons pas, tout le monde peut être touché par le burn-out. Les cadres, les indépendants, mais aussi toutes les catégories de salariés peuvent être touchés par l’épuisement professionnel.

Une enquête récente de l’observatoire d’Harmonie mutuelle a montré que 86 % des salariés pensent pouvoir être touché par le burn-out. Mais, ce que révèle aussi cette étude, c’est que 21 % des travailleurs indépendants, 18 % des salariés et 12 % des dirigeants ont déjà été victimes d’un burn-out.

Ce qui ressort de toutes les enquêtes aujourd’hui, c’est que les victimes d’un burn-out, sont dans l’immense majorité des cas des personnes qui sont engagées dans leur travail. Très, ou trop, souvent elles estiment que les choses doivent se faire de manière immédiate. Elles estiment aussi que leur mission est tellement importante qu’il n’est pas possible de ne l’exécuter que de façon partielle pour se protéger soi-même.

Il est important de préciser que tous les secteurs d’activité peuvent être touchés par le phénomène de burn-out. On pense forcément dans un premier temps aux métiers très concurrentiels. Mais je peux vous assurer que tous les secteurs sont touchés, y compris la fonction publique que l’on a longtemps cru épargnée.

Cadre en burn-out

Les signes précurseurs du burn-out

Le paradoxe est que le premier signe avant-coureur d’un burn-out, est le fait d’être sur motivé, surinvesti. Lorsque l’on commence à se sentir indispensable et que le travail devient la priorité de sa vie, on entre dans une zone dangereuse.

Des signes psychologiques qui révèlent un burn-out

Lorsque l’on devient irritable pour un oui ou pour un non. Le fait de se mettre en colère alors que l’on est normalement très calme doit aussi interpeller. Si un salarié qui est d’habitude très zen commence à piquer des colères, il faut être très attentif à son état de santé.

Si vous avez du mal à vous concentrer sur des tâches de tous les jours et que de plus vous avez des pertes de mémoire ponctuelles, il est peut-être temps de prendre du repos.

Des signes physiques qui révèlent un burn-out

Cela peut, notamment, se manifester par des troubles du sommeil. Lorsque pour des raisons professionnelles, on a du mal à s’endormir où on se réveille dans la nuit, il faut faire attention. Le sommeil doit être réparateur. Il ne doit par être source de souffrance !

Burn-out et addiction

Le travailleur qui se trouve en état de souffrance professionnelle va forcément être sensible aux maux de tête, aux douleurs musculaires et aux maux de dos (l’expression j’en ai plein le dos n’est pas anodine). Attention à ne pas compenser le mal vivre avec une consommation excessive d’alcool, de médicaments ou de cannabis.

Un des signes physiques qui révèle le burn-out, est la variation de poids. En fonction des profils, il s’agira de perte ou de prise de poids. Soyez donc attentif à cet état de fait pour vous et pour vos collaborateurs.

Il y a d’autres signes qui peuvent être révélateurs d’un burn-out : des problèmes de peau ou des chutes de cheveux notamment.

Comment prévenir le burn-out ?

Heureusement, il existe des moyens de prévenir le burn-out. C’est ici que le rôle du management est essentiel.

Maitriser la charge de travail de vos collaborateurs

La question de la charge de travail est une question de plus en plus présente. Si elle est intéressante à étudier dans le cadre d’une politique RH, elle doit aussi l’être dans le cadre de la santé au travail.

Il est important d’être capable de déterminer quelle doit être la charge de travail hebdomadaire d’une personne. Pour cela, il faut sans doute se détacher du temps de travail. En effet, commençons par demander la réalisation d’une mission plutôt que de travailler de 8 heures à 20 heures. Le présentéisme est un véritable fléau parce que nous ne savons pas mesurer la charge de travail. Alors en pensant bien faire, on fait des heures et des heures. Ne perdons jamais de vue que dans les pays anglo-saxons et scandinaves, le salarié qui travaille plus de 8 heures par jour est considéré comme inefficace. Il est donc pertinent d’apprendre à mieux travailler plutôt qu’à plus travailler.

Un bon manager doit de ce fait calibrer le travail de ses collaborateurs. L’équilibre doit être trouvé entre les membres de son équipe. Il doit aussi être capable, grâce à des éléments objectifs et précis, d’alerter sa direction en cas de surcharge de travail.

La question de la surcharge de travail doit d’ailleurs être abordée lors des entretiens annuels avec ses équipes.

Mettez en place un véritable droit à la déconnexion

Notre monde hyper connecté est aussi source de risques psychosociaux. Il est de ce fait essentiel de mettre en place un vrai droit à la déconnexion. Il doit être impossible de contacter ou d’être contacté par mail passé une certaine heure de la journée.

Informez bien vos équipes que si quelque chose d’urgent arrive, on les préviendra par téléphone et non par mail. Aussi, pas besoin de regarder sa boite mail professionnelle jusqu’à 22 heures. 

Les plus grandes multinationales interdisent l’accès au serveur informatique après 19 ou 20 heures. Alors, il n’y a aucune raison que vous regardiez vos mails le soir alors que vous êtes en famille. Relativisons toujours notre rôle dans le fonctionnement de la structure qui nous emploie et cela ira beaucoup mieux, vous pouvez me croire !

Droit à la déconnexion

Installez un climat bienveillant ouvert aux échanges

Un bon manager doit aussi mettre en place un climat de bienveillance dans son service. Il est important que tout le monde se sente bien et que les échanges soient totalement libres. Un salarié doit pouvoir dire à son responsable qu’il ne se sent pas bien ; il doit aussi pouvoir échanger avec son manager sur une décision qui lui semble inopportune ou inéquitable. Un bon manager doit être capable d’échanger sur ces points. En effet, il faut toujours se rappeler qu’un bon manager ne sait pas tout et peut se tromper. C’est ce que vous pourrez revoir en cliquant ici.

De plus, un manager doit pouvoir parler avec les membres de son équipe de leurs difficultés personnelles. Par pitié, arrêtons de dire que l’on laisse ses problèmes personnels à la maison ! Quelle ânerie ! Comment un parent peut se concentrer entièrement sur son travail si un de ses enfants est hospitalisé ou passe un concours important ?

Climat bienveillant au travail

Mettez en place un baromètre du bien-être au travail

Des logiciels permettent aujourd’hui de mettre en place un baromètre du bien-être au travail. Il s’agit ici, tout simplement, de préciser quel est son niveau de moral en début de journée. Chaque salarié peut ainsi s’exprimer sur son ressenti. Souvent, ces logiciels ou applications passent par des codes couleurs (vert, orange ou rouge). Lorsque la réponse est rouge, il ne faut pas rester sans action corrective. Surtout pensez toujours que la personne réagit avec ses valeurs et son vécu. Ne soyez pas dans le jugement, faites preuve d’empathie.

En fonction des résultats donnés, la situation peut sembler préoccupante.

Mais, il ne faut pas se contenter de faire un audit. Il est essentiel dans un second temps de mettre en place des mesures d’amélioration. La première est sans doute de recevoir le salarié qui se dit en souffrance. Cet entretien peut se réaliser au niveau de la Direction des Ressources Humaines ; il est aussi possible de faire appel à un psychologue du travail. Quoi qu’il en soit, il faut faire quelque chose.

Gérez les conflits de manière immédiate

Les conflits en entreprise, dont nous avons parlé, dans un article précédent, peuvent aussi être de réelles sources de burn-out. Il est donc important de ne jamais les laisser sans action. Un conflit ne se résout jamais tout seul. Un bon manger met toujours en place les actions nécessaires pour que les situations conflictuelles cessent.

Il doit aussi être capable de mettre en place un climat qui permette de les prévenir.

Indépendants : Accordez-vous un jour complet de repos par semaine

Petit conseil également pour les indépendants ou pour les personnes qui cumulent plusieurs activités. Laissez-vous toujours un jour de repos par semaine. Si, dans un premier temps, vous pouvez avoir l’impression de perdre du temps, il est évident que sur le plus long terme, vous allez en gagner.

Travailler 7 jours sur 7 risque de vous épuiser, mais aussi de vous couper du monde qui vous entoure. Alors faites toujours preuve de la plus grande des prudences.

Comment accueillir une personne à son retour de burn-out ?

Si malgré tous ces conseils, un membre de votre équipe est victime d’un burn-out, il va falloir faire très attention à son retour.
Comme pour toute maladie, il est important de soigner le retour des personnes qui ont souffert. Ce moment de la carrière n’est vraiment pas anodin, aussi faites preuve de professionnalisme.

Accueillez la personne comme quelqu’un qui a été victime, et en aucun cas comme quelqu’un qui est coupable de faiblesse ou d’absentéisme. Le coupable est bien plus souvent l’entreprise ou l’administration qui n’a pas su mettre en place les bonnes mesures, que le salarié qui est victime.

Il est donc important de bien faire le point sur son état de santé. Le retour doit aussi être l’occasion de préciser que l’entreprise a pris conscience de ses erreurs et que de ce fait des mesures ont été mises en place. Encore une fois, même si on estime que la personne a connu des faiblesses, c’est à l’entreprise qui a une obligation de résultat en matière de santé au travail d’agir. L’objectif étant toujours que de nouvelles situations du même genre ne se renouvelle pas.

Vous le voyez, il est clair que la prise en charge des questions de burn-out, n’est pas simple. Mais, le plus souvent, il s’agit de faire preuve de bon sens en faisant attention aux gens qui nous entourent.

N’oubliez donc jamais en tant que manager ou en tant que managé que si le travail est important dans nos vies, ce n’est pas le plus important.


Merci de me laisser votre commentaire sur cet article. Je suis impatient d’échanger avec vous sur cette thématique ou sur tout ce qui concerne le management.

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6 thoughts on “Burn-out : Ne soyez pas complices !”

  1. Merci pour cet article très enrichissant. C’est une thématique qui me parle, étant dans le domaine du développement personnel et ayant moi-même vécue un burn-out, ton article me plaît beaucoup, félicitation 🥳

  2. Cet article sur le burnout sous l’angle du manageur est vraiment très intéressant et mérite à être diffusé largement sur les réseaux professionnels 😉

  3. Excellent article et tres utilise pour aider ses collaborateur. Très heureuse de voir que je connais bien les signes et aide mon équipe à faire attention.

  4. Sujet sensible pour moi avec une équipe de 60 personnes à gérer… Complexe exercice que de rester empathique avec certains agents « compliqués », tout en préservant sa santé mentale à soi, la bonne ambiance du groupe et sa productivité… Merci !

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